Dépendances au Nunavik

Survol de la situation en matière de dépendances au Nunavik

Tous les acteurs des différents réseaux (sociosanitaire, éducation, emploi, policier et justice), ainsi que la grande majorité des Nunavimmiuts, sont d’accord que la consommation abusive d’alcool et de drogue constitue un enjeu central pour tout résident, organisme et communauté du Nunavik. L’étendu et la gravité du problème reflètent les impacts de la colonisation ainsi que des nombreux événements traumatiques individuels et collectifs et des changements sociétaux qui en sont découlés. Par conséquent, ces événements affectent toute structure sociétale et familiale et ont mené à une large gamme de problèmes psychosociaux ; nous avons à peine commencé à comprendre ces problèmes et à chercher des solutions.

Ces dernières années, différentes autorités de la santé publique et des prestataires de services de santé et de services sociaux du Nunavik ont identifié certaines tendances en matière de dépendances :

  • une hausse dans le nombre d’individus qui consomment l’alcool et la drogue dans tous les groupes d’âge ;
  • un plus bas âge pour la première expérience avec l’alcool et la drogue.

En 2004, l’estimation de la proportion de la population du Nunavik ayant consommé de la drogue durant l’année était de 60 %, un taux quatre fois plus élevé que celui observé ailleurs au Canada. La consommation de cannabis est répandue chez les hommes et les femmes, et ce pour tout groupe d’âge, mais cette consommation est plus élevée chez les hommes et les jeunes personnes. La consommation d’autres drogues telles la cocaïne et les amphétamines est également à la hausse.

Ce qui caractérise la consommation d’alcool au Nunavik comparé aux autres régions du Québec est le nombre élevé d’épisodes de consommation occasionnelle excessive. Cette habitude explique certains des comportements plus à risque observés, entre autres, les actes criminels, la négligence parentale, la violence, l’abus physique et sexuel, les accidents et la conduite avec facultés affaiblies. La conséquence de ces comportements est un taux de mortalité reliée à la consommation d’alcool qui est quatre fois plus élevé au Nunavik qu’ailleurs au Québec.

Selon les professionnels de la santé et les représentants des communautés qui ont participé au Iilusiliriniqmi Pigutjiutini Qimirruniq (projet clinique), l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) est un des problèmes associés à la consommation excessive d’alcool ayant le plus grand impact sur les jeunes enfants au Nunavik. Les effets du taux croissant de l’ETCAF au Nunavik sont bouleversants, d’autant plus si l’on considère que tous les enfants affectés vivront avec les répercussions pour le restant de leur vie. Les personnes affectées par l’ETCAF ont plus de chances de développer des troubles de comportement, de décrocher de leurs études, de se trouver en chômage, de développer une dépendance, d’avoir besoin de recourir aux services de la protection de la jeunesse, d’être placées en ressource, d’écoper une peine de prison, etc. Il n’y a présentement aucun service de diagnostic de l’ETCAF au Nunavik, malgré le fait qu’il est reconnu que le dépistage précoce permet l’intervention précoce et ainsi facilite le développement maximal des enfants affectés ; par le fait même, l’intervention précoce limite les séquelles pour ces enfants. De plus, l’ETCAF est une condition évitable à 100 %.

Survol des services en dépendances dans la région

Dans la perspective de la situation actuelle relativement à la toxicomanie au Nunavik, l’offre de service existante dans le domaine des dépendances demeure malheureusement inadéquate.

Nunalituguait Ikajuqatigiitut (NI) est le leader au Nunavik en ce qui concerne la prévention de et la sensibilisation à la toxicomanie. Malgré leur engagement à long terme, NI et ses partenaires peinent à encourager les modifications au niveau des comportements chez un segment important de la population.

Au Nunavik, les points de service de CLSC sont le point d’entrée habituel pour les services en lien avec les dépendances. Les services courants sont offerts par les infirmières et travailleurs sociaux locaux qui, au besoin, orientent les clients vers des médecins basés localement ou dans une autre communauté.

Malgré l’importance et l’urgence des besoins reliés à la consommation abusive d’alcool et de drogue, il y a peu de professionnels spécialisés en dépendances dans la région et seulement une ressource qui offre des services de traitement, et ce aux adultes exclusivement : le Centre de traitement Isuarsivik. De plus, cet organisme communautaire ne peut admettre des clients avec leurs enfants. Plusieurs Nunavimmiuts optent pour ou sont obligés de faire recours à des centres de traitement en toxicomanie en dehors de la région.

Enfin, la région manque également des services professionnels en postvention et de soutien pour les Nunavimmiuts qui ont terminé un cycle de traitement. Cette situation comporte le risque de récidivisme.

Conclusion

À la lumière de l’importance des défis associés à la toxicomanie, il y a un besoin urgent de renforcer l’ensemble du continuum des soins au Nunavik. Ceci nécessitera des investissements majeurs dans les domaines de la prévention, du dépistage, du soutien professionnel local et du traitement spécialisé.

De plus, les organismes du Nunavik ainsi que leurs leaders et la population en général doivent jouer un rôle actif dans les changements à apporter au niveau des normes sociaux selon lesquels la consommation occasionnelle excessive d’alcool et la consommation de drogue sur une base régulière sont pratiquement encouragées. Good academic practice revolves around respecting and acknowledging the original authors of information and ideas whose work you draw from collegewritingservice.org/ in writing your assignments